Organisation

Courses en double : comment savoir ce qu'il vous reste avant de faire vos courses

Le troisième paquet de pâtes, le deuxième pot de moutarde. Ce n'est pas un défaut d'attention : c'est que personne ne peut retenir le contenu de ses placards.

Par Benjamin Comtet, créateur de SAYF ·

En bref : on rachète en double parce qu'un placard ne se voit jamais en entier. Trois choses y changent quelque chose — ranger par catégorie plutôt qu'en empilant, tenir un inventaire à jour au lieu de compter sur sa mémoire, et pouvoir le consulter au moment où la question se pose, c'est-à-dire debout dans le rayon.

Pourquoi on rachète toujours la même chose sans s'en rendre compte

Un placard ne se consulte pas comme une liste : il se consulte par couches. Ce qui est devant cache ce qui est derrière, et ce qui est en bas disparaît dès qu'on pose quelque chose dessus. Au moment de faire les courses, la mémoire ne restitue donc pas l'état réel des réserves — elle restitue ce qu'on a vu la dernière fois qu'on a ouvert la porte, ce qui n'est pas du tout la même chose.

À cela s'ajoute un phénomène bien identifié en magasin : devant un rayon, le doute coûte plus cher que l'achat. Se tromper en n'achetant pas signifie revenir, ou se passer du produit toute la semaine. Se tromper en achetant signifie avoir un paquet d'avance. Face à cette asymétrie, presque tout le monde prend le paquet — et c'est un raisonnement parfaitement rationnel tant qu'on n'a aucun moyen de vérifier.

Le problème s'aggrave avec la taille du stock. Un studio étudiant avec dix produits se retient de tête. Un foyer de quatre personnes avec quarante références réparties entre un réfrigérateur, un congélateur et deux placards dépasse largement ce qu'on peut garder en mémoire, surtout à quatre jours d'intervalle.

Faire l'inventaire avant de partir faire les courses

La méthode la plus simple reste la bonne : avant de partir, ouvrir réellement les placards et le réfrigérateur, et regarder. Pas de mémoire, pas d'estimation. Cinq minutes suffisent, et cela résout à peu près tout — à condition de le faire à chaque fois, ce qui est précisément là où ça achoppe.

Beaucoup de foyers passent alors à une liste écrite : un carnet dans la cuisine, une ardoise sur le réfrigérateur, une note sur le téléphone. Le principe est bon, mais il repose sur une hypothèse fragile : que chaque produit sorti soit rayé, et chaque produit rentré ajouté. Il suffit d'une semaine chargée pour que la liste dérive, et une liste fausse est pire qu'une absence de liste, parce qu'on lui fait confiance.

Le vrai critère d'une méthode qui tient

Ce n'est pas la précision, c'est le coût de maintenance. Une méthode qui demande un geste à chaque produit sorti sera abandonnée en deux semaines. Une méthode qui ne demande un geste qu'au moment où l'on range ses courses — un moment où l'on manipule déjà chaque article un par un — a de vraies chances de survivre.

Ranger par catégorie plutôt que par date d'achat

Le rangement par ancienneté, en mettant les produits les plus anciens devant, sert à les écouler dans le bon ordre. C'est utile pour éviter les oublis, mais cela ne répond pas à la question du doublon : deux paquets identiques achetés à quinze jours d'écart se retrouvent à deux endroits différents, l'un devant, l'autre au fond.

Pour voir les doublons, il faut au contraire regrouper l'identique. Un rangement par catégorie — le sec avec le sec, le frais avec le frais, le surgelé avec le surgelé — fait apparaître les répétitions immédiatement : si trois paquets de riz sont côte à côte, on n'a pas besoin de faire l'inventaire pour savoir qu'il ne faut pas en racheter.

Ces deux logiques ne s'opposent pas. On range par catégorie pour voir, et à l'intérieur de chaque catégorie on place devant ce qui doit partir en premier. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle SAYF sépare les produits en trois catégories — frais, sec, surgelé — plutôt qu'en une seule longue liste.

Automatiser l'inventaire avec un scan de code-barres

Il existe un moment, chaque semaine, où l'on touche déjà chaque produit un par un : quand on range ses courses. C'est le seul instant où enregistrer son stock ne coûte presque rien, parce que le geste s'ajoute à un geste existant au lieu d'en créer un nouveau.

C'est le principe du scan de code-barres. On passe le produit devant l'appareil photo, son nom, sa marque et sa photo se remplissent automatiquement, et il rejoint l'inventaire. Il n'y a rien à taper, rien à se rappeler le soir venu. L'inventaire n'est plus une tâche en soi : c'est un sous-produit du rangement.

C'est exactement ce que fait SAYF. L'application est gratuite, sans compte et sans publicité, et vos produits restent sur votre téléphone.

Télécharger SAYF sur l'App Store

Ce que ça change en magasin

Le bénéfice ne se joue pas à la maison, mais dans le rayon. Devant les pâtes, la question « est-ce qu'il m'en reste ? » se règle en trois secondes en ouvrant son téléphone, au lieu de se régler par un achat de précaution. C'est là que les doublons disparaissent réellement : non pas parce qu'on a une meilleure mémoire, mais parce qu'on n'a plus besoin d'y faire appel.

Accessoirement, c'est aussi ce qui permet de ne pas oublier l'essentiel. Beaucoup de courses ratées ne sont pas des achats en trop, mais des oublis — on revient avec trois paquets de riz et sans le beurre.

Transformer l'inventaire en liste de courses

Une fois l'inventaire à jour, la liste de courses change de nature. Au lieu de lister ce qu'on croit manquer, on liste ce qui manque vraiment : la différence entre ce qu'on a et ce qu'on veut avoir.

Une méthode simple consiste à définir un seuil par produit de base — deux paquets de pâtes, un litre d'huile, six œufs — et à n'acheter que lorsque le stock passe en dessous. Les commerces tiennent leurs rayons exactement ainsi, et rien n'empêche de l'appliquer à un placard. C'est moins rigide qu'il n'y paraît : le seuil n'est pas une règle, c'est un repère qui évite d'avoir à trancher dans le rayon.

Dernier point, souvent négligé : le meilleur moment pour préparer sa liste n'est pas avant de partir, mais au moment où l'on finit un produit. C'est là qu'on sait, avec certitude, qu'il faudra le racheter.

Questions fréquentes

Comment savoir ce qu'il reste dans ses placards avant de faire les courses ?

Soit en faisant l'inventaire juste avant de partir, en ouvrant réellement chaque placard, soit en tenant un inventaire à jour au fil de l'eau, consultable depuis son téléphone. La première méthode est gratuite mais demande de la discipline à chaque course ; la seconde déplace l'effort au moment du rangement, où il est bien plus facile à tenir.

Pourquoi achète-t-on souvent deux fois le même produit ?

Parce qu'un placard ne se voit jamais en entier, et parce que, dans le doute, acheter coûte moins cher que ne pas acheter. Ce n'est pas un problème d'attention mais d'information.

Faut-il ranger par date d'achat ou par catégorie ?

Par catégorie pour voir les doublons, et à l'intérieur de chaque catégorie, le plus ancien devant pour l'écouler en premier. Les deux logiques se combinent très bien.

Sur Android ? SAYF n'est pour l'instant disponible que sur iPhone. Laissez votre e-mail pour être prévenu de la sortie de la version Android.

Ne rachetez plus ce que vous avez déjà

SAYF garde l'inventaire de vos placards à jour, et vous prévient avant les dates limites.

Télécharger sur l'App Store